Les fidèles du blog savent combien je suis attachée à la gastronomie nippone. Alors quand je découvre un restaurant japonais qui transporte à Tokyo, que dire ? Pas grand chose, si ce n’est se taire, savourer, sourire, et vous dire de courir à Yanase, dans le 15e.

L’accueil : délicieux. C’est-à-dire à la japonaise. Le patron est remarquablement accueillant. Les serveuses sont telles des petites souris qui font tout pour nous satisfaire. Asseyez-vous, et laissez vous aller.
Le cadre : zen. Foi de touriste au Japon, c’est pareil qu’à Tokyo. Murs blanc cassé, décoration minimaliste, ici, c’est au bar que ça se passe. Si vous êtes deux, n’hésitez pas à réserver vos places face aux deux cuisiniers qui, en fin de service, nous ont longuement expliqué le pourquoi du comment de leurs impressionnants couteaux.
L’assiette : excellente. La carte évolue entre poissons crus et préparations traditionnelles. Pour ne pas se compliquer la vie, autant prendre l’un des 3 menus (le soir) à 40, 43 ou 50 euros. Parce qu’il faut savoir se faire plaisir, je l’ai joué grand prince avec le menu Gourmet à 50 euros. Et c’est parti pour un défilé de saveurs…
Tout commence par une tempura d’anguille et de foie gras, dont la friture apporte une pointe de croustillant sans casser le goût des produits. Surprenant et particulièrement bon, c’est l’un des points forts du menu.
Suit une bisque de homard au miso (pas très photogénique, vous m’excuserez) qui m’ouvre définitivement l’appétit. On enchaîne sur du thon gras grillé au gingembre, légèrement humidifié, qui glisse tout seul en bouche.
A ce stade, il est temps de faire une petite pause. Je vous rassure, les portions sont mini et le rythme assez lent. Il faut prendre le temps de prendre le temps
Le trio de sushi se distingue par la très fine couche de riz. Les poissons sont excellents, mais je suis moins surprise car le Toritcho m’a habitué à la qualité des mets.
Je passe aux choses sérieuses avec la bouillabaisse à la japonaise, en fait un bouillon où trempent des poissons et fruits de mer. Quand Marseille rencontre le Japon, c’est pour le meilleur !
Retour à la fraîcheur avec un assortiment de sashimi, histoire de redescendre gentiment.
Atterrissage définitif avec le dessert du jour, un gâteau au chocolat léger comme un nuage qui, je l’avoue, ne m’a pas laissé grand souvenir, mais termine la dégustation en douceur.
L’addition : sucrée-salée. 50 euros, ce n’est pas rien dans l’absolu, mais pour une occasion particulière, ça vaut vraiment le coup. Vu la qualité, et la quantité du menu, c’est un prix justifié.
Bon à savoir : Fermé le dimanche et le lundi midi.
Yanase
75 rue Vasco de Gama, 75015 Paris (situer sur la carte)
01.42.50.07.20
site web du resto
Bon restaurant japonais à Paris : Toritcho (Montparnasse), Sanki (Boulogne), Tagawa (15e), Benkay (15e, plus chic)
Bon restaurant dans le quartier : So Rice (iranien), La Cave de l’Os à Moelle (buffet à volonté), La Chèvre et le Chou (bistrot)

Commentaires(10 Responses)
ça alors, jamais entendu parler de celui-ci!
il va bien me falloir te prendre au mot et le tester prochainement…
depuis mes deux séjours au Japon, impossible de mettre les pieds dans un pseudo-resto japonais, même pour faire plaisir aux collègues le midi: NIET!
pour le moment, dans la même catégorie de prix, c’est le Guilo Guilo qui m’a le plus impressionné. si tu ne l’as jamais testé, foooonce
le trio de sushis m’a fait fait scintiller les papilles, jusqu’a l’explosion de fraicheur du thon qui m’a littéralement coupé en plein milieu d’une phrase. Orgasme gustatif. J’en salive encore.
@ Fred : si les pseudos restos jap pullulent à Paris, il y en a quand même de vrais de vrais, dont Yanasé, mais aussi Toritcho, Sanki, Taga etc… Je note pour Guilo Guilo, dont j’ai déjà entendu parler, merci !
@ J : pas mieux
“L’accueil : délicieux. C’est-à-dire à la japonaise. Le patron est remarquablement accueillant.”
Tiens, moi j’avais plutôt entendu dire que le véritable accueil “à la japonaise”, ç’était plutôt froid pour nos standards occidentaux.
En tout cas chez Isami, sans être vraiment désagréable, on est quand même loin du sourire ultra-brite à l’américaine (cela dit, si tu es poli et discret, comme eux, ils deviennent assez gentils – mais à mon avis, amateurs de discussions enflammées au iphone, s’abstenir). Et bref, je m’étais laissé dire que c’était assez souvent comme ça, réservé en somme.
J’ai entendu il n’y a pas longtemps que tous les restaurants de sushis et autre cuisine japonaise étaient tenus par des Chinois.Surtout n’y vois pas aucune connotation raciste.Je suis ravie de constaterc que c’est loin d’être la réalité à la lecture de tes savoureuses chroniques.
Ooouh merci pour le tuyau! Enfin juste pour dire que la bisque de homard est en fait très photogénique!
Pourrais-je poser une question qui releve du bon sens : les sushis ont-ils un gout different selon qu’ils seraient fait par des chinois ou des japonais ? Et au final est-ce que la qualite du sushi depend de selon que le poisson est decoupe 2 mm plus finement ?
@Aude : merci pour cette critique qui donne envie d’essayer.
Je te recommande aussi le Guilo guilo et le Hotaru, dans la même gamme de prix.
@Kay : 1) le choix du poisson est essentiel. Un chef japonais ira souvent lui même choisir son poisson à Rungis (je me rappelle le chef sushi du Zen qui me racontait fièrement avoir acheté un thon de 400 kilos), tandis que les restaurants tenus par les chinois sont presque tous livrés par le même distributeur (des saumons entiers livrés par douzaine dans des boites en polystyrène remplies de glace).
Le poisson est toujours frais dans les deux cas, mais n’a évidemment pas le même goût ni la même texture.
2) De mon point de vue, c’est surtout le riz vinaigré qui fait la différence. Dans beaucoup de restaurants “sino-japonais”, ils n’utilisent même pas de riz japonais (riz rond mélangé au vinaigre qui va bien), mais du riz thaï préparé comme du riz blanc standard !!!!
(sauf pour moi qui ait une grande gueule, c’est bien connu)
// Attention, il y a tout de même quelques “sino-japonais” qui font des sushis corrects. Il ne faut pas nécessairement être japonais pour réussir ses sushis, mais simplement bien formé et expérimenté (comme dans toute autre type de cuisine).
3) La découpe est importante mais pas tant que ça je pense. Quand on prépare des sushis à la maison, c’est surtout le sens de la coupe qui n’est pas toujours évident et l’épaisseur parce que le poisson n’est pas aussi épais que ceux utilisés dans les restaurants.
L’épaisseur dépend aussi du type de sushi préparé.
La taille des nigiri sushi est assez variable, normalement ils doivent pouvoir être mangé (avec les baguettes ou les doigts) en une seule bouchée, mais ce n’est pas toujours vrai, même à Tokyo où dans un excellent sushi bar, les pièces n’étaient pas évidentes à manger d’un seul coup
Au niveau de l’expérience gustative, ce n’est pas toujours évident de faire la différence, c’est une question d’habitude et d’entrainement des papilles gustatives.
C’est un peu comme le vin.
Pas mal de personnes autour de moi qui adoraient les sushis “chinois” ne peuvent désormais plus en manger depuis le jour où ils ont goûté des sushis “japonais”. (c’est souvent ma faute d’ailleurs).
Trop cher et mauvais goût. Hyotan(75008) et ZEN(75001) et Sanki(92100) délicieux et de meilleure qualité.
Alors, testé avec ma femme récemment. Déjà le menu était sensiblement différent. Ensuite le tempura de foie gras /anguille était simplement MERVEILLEUX! Magique! une explosion de gouts sur les papilles. Fabuleux. Concernant la qualité des poissons: bien. Mais pas exceptionnel. On paye surtout je pense l’endroit (qui se veut chic) et l’accueil merveilleux et “comme au japon”. Bref un avis tres positif pour nous meme si un prix un peu excessif concernant la qualité du poisson. A noter également que ma femme étant vegétarienne (quasi vegetalienne) on a prévenu avant et le chef a été extraodinaire et lui a préparé un menu que pour elle.
On recommande donc!
…et le tempura : WOUAHOU !
Ecrire un truc magnifique