J’ai voté contre Norbert. Si j’avais su… Il était sympathique le bougre. En même temps il a osé raser sa crête. Est-ce raisonnable, et surtout pardonnable ? Et Jean. Certes talentueux mais la modestie n’est pas son fort.
Bref, hier soir c’était soirée « Top Chef » sur M6 et je faisais partie du « jury », un bien grand mot pour désigner les goûteurs de plats. Finalement, ce jeu, c’est « L’amour est aveugle » version gastronomie : on goûte sans savoir qui se cache derrière, puisque nous ne connaissions pas les candidats. Et c’est sans doute mieux ainsi sinon j’aurais voté pour Norbert et contre Jean.
Je ne vais pour vous refaire le match (si vous l’avez loupé, cf M6 Replay). Je vais plutôt vous parler des coulisses du tournage, en photos. Et tenter de répondre aux nombreuses questions que vous m’avez posées en mails et sur Twitter.
1) Comment j’en suis venue à participer à Top Chef ?
La prod m’a tout simplement écrit un mail pour m’inviter, sur recommandation de Thierry Richard, qui était aussi de la partie. Suivant les bons conseils de William Rejault et Agnès Frémiot, experts ès télé-réalité, j’ai accepté. Et j’ai bien fait.
2) Où et quand était le tournage ?
Le samedi 12 novembre à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine. La prod’ a dégoté 4 bars à quelques mètres les uns des autres, dans la même rue. 3 d’entre eux ont été relookés pour l’épreuve « la guerre des restaurants« , le 4e servait de QG pour la prod’. C’était l’animation de la semaine dans cette rue bien calme.
3) T’as pas honte d’avoir fait pleurer Noémie ?
Si… En même temps les règles du jeu étaient claires : nous devions éliminer un restaurant sur délit de sale gueule. On passait devant, sans entrer. On jetait un oeil à la carte. Un peu comme quand on cherche un resto en se balladant finalement. On y va à l’instinct. Et parfois on se plante.
C’est rude parce que les restaurateurs n’ont pas vocation à être décorateurs. Mais j’avoue que l’ambiance nature/bio du resto de Norbert et Noémie, ça faisait effectivement très salon de beauté. Et nous sommes plusieurs (nanas) à l’avoir pensé. Le vert anis, ça ne met pas en appétit.
Leur restaurant avant/après, ça donne : « Nature Gourmande » version Top Chef vs. »Le Bourgogne » au naturel.
4) Le montage est-il fidèle à la réalité ?
Globalement ça tient bien la route. Après, c’est sûr qu’il y a des coupes à la hache, sachant que le tournage a commencé vers 19h si mes souvenirs sont bons, et s’est achevé vers… 3h !
Toutefois la prod a été sympa avec Carl et son coéquipier Cyrille en maintenant un faux suspense. En vrai tous les deux se sont fait descendre en flêche, le « food-pairing » étant un brin obscur pour la plupart d’entre nous. Pourtant le montage laisse penser qu’on a hésité. Alors qu’il n’y avait pas photo avec le restaurant de Tabata et Jean : ils étaient sans conteste un cran au-dessus. Certes le bouillon était épicé, mais le repas était très bien exécuté. A l’image de ce mélange de légumes crus/mozzarella inspecté de près par Philippe Toinard, critique pour A Nous Paris notamment, et compagnon de table d’un soir.
5) Les candidats sont-ils sympas ?
On ne leur a quasiment pas parlé. Ils bossaient comme des fous. Tabata était charmante, dans tous les sens du terme. Dans l’émission, son image est horripilante mais de ce qu’elle nous a montré, c’était sans fausse note. Après, ce qu’il se passe en coulisses, ce n’est plus le problème du client.
Jean ? Nous ne l’avons pas vu, il était en cuisine. On l’a juste salué et surtout félicité à la fin. Il avait l’air ému, et surtout épuisé.
Carl, lui, était un peu énervant à se justifier sans cesse, à intellectualiser le « food pairing ». En même temps, je me mets à sa place : ça ne devait pas être une partie de plaisir d’écouter les grands chefs démonter sa cuisine (Cyrille était en cuisine, on ne l’a pas vu). Ghislaine Arabian, notamment, n’a pas mâché ses mots.
6) Et les chefs stars, Piège, Marx, Lignac… ils sont comment ?
A vrai dire je leur ai peu parlé. Mais ils m’ont paru fidèles à leur personnage : Ghislaine Arabian assez sèche, Cyrille Lignac chaleureux et accessible, Jean-François Piège fort en gueule, Thierry Marx parlant peu mais avec efficacité, Christian Constant discret. Tous ont eu la gentillesse de se plier au jeu des photos, que ce soit avec les restaurateurs de notre QG, où on se réfugiait entre les prises…
Ou avec Philippe Toinard, dont c’était l’anniversaire le même jour.
Du coup on avait prévenu Tabata, pour voir comment elle improviserait – sachant qu’elle n’avait pas de bougies.
7) Alors, c’était bon ?
Le menu de Carl et Cyrille était malheureusement raté, même si Carl semblait très satisfait de sa prestation. Les compositions exigeaient de bons produits, ce qui n’est pas évident quand on est obligé de faire ses courses chez Métro avec un budget serré.
En revanche on s’est régalé chez Tabata et Jean. C’était fin, joli et gourmand. Même leur déco était, si ce n’est réussie, du moins pas trop mal.
Nous avons enchaîné les deux dîners à 1h d’intervalle. Parlons plutôt de dégustation, car les portions étaient volontairement petites, histoire qu’on n’ait pas une indigestion post-tournage. Entre chaque plat, on livrait notre avis face caméra, sous l’œil attentif des autres clients/critiques/jurés. Quand vous étiez le dernier à passer, inutile de préciser qu’il était difficile de trouver un truc nouveau et pertinent… (En général d’ailleurs, le dernier passait son tour).
8. Ce que vous n’avez pas vu
8.1. Le vote du jury
Après chaque resto, nous passions à tour de rôle devant la fameuse petite boite noire, pour voter et justifier notre choix. Sans manteau, parce ce n’est pas télégénique. Une épreuve en soi, vu le froid de canard qu’il faisait. Ci-dessous Catherine Roig, madame resto pour le magazine Elle, et Louis Daboussy, critique au Fooding. Aucune de ces scènes n’a été conservée au montage.
Sans oublier Stéphane Rotenberg, qu’on a aperçu de loin.
8.2. Le debrief final
Après avoir goûté les deux restos, rebelotte face caméra pour une synthèse finale de la soirée. Avec mes deux compagnons de tablée, Philippe Toinard et Thierry Richard, nous sommes passés en dernier… à 3h du matin. Mais avec le sourire !
Et ne me demandez pas le nom du vainqueur de Top Chef, je n’en ai absolument aucune idée…





















